Permis de conduire

Il y a quelques temps, mon fils aîné, 5 ans et demi, admirait sous toutes les coutures une magnifique boîte-camion-tirelire qu’il avait reçu pleine de gâteaux et de bonbons lors d’une sortie au cirque. Il en décrivait avec délice chaque facette : un lion qui lit le journal, un singe avec des gants de boxe, un zèbre sur une chaise longue qui regarde la télé. Il arrive alors à la cabine. Et là, abasourdi, il s’exclame :
— Mais maman, c’est impossible !
— Quoi donc ?
J’observe à mon tour et ne vois qu’un clown passager au côté d’une écuyère1 qui conduit toute la joyeuse troupe.

Camion tirelire de la Maison Arc-en-ciel
— Mais maman, les femmes n’ont pas le droit de conduire !
C’est peu dire que mon étonnement égala le sien. Un zèbre qui regarde le foot ou un lion qui se tient au fait des dernières nouvelles, ça ne le perturbait pas plus que ça. Mais une dame au volant, et c’est tout ce qu’il croyait avoir compris du monde qui s’effondrait. Pourtant, nous n’habitons pas en Arabie Saoudite, pas plus que nous ne l’enfermons dans la cave avec l’intégrale des éditions Fleurus pour seule lecture… Visiblement, que 90%2 des conducteurs représentés dans les médias à destination des enfants soient des hommes a plus de poids que le fait que les personnes qu’il voit le plus conduire soient sa grand-mère et sa mère.

Ainsi donc, merci à La maison Arc-en-ciel pour son écuyère au volant qui est, en 2016, encore à contre-genre en France. Cette conversation3 aura eu le mérite de me remettre du cœur à l’ouvrage concernant ce blog.


Notes :

1.  Je n’ai à vrai dire aucune idée de son emploi dans le cirque du seul fait de ses vêtements. Honte à moi, je lui applique donc un rôle très classiquement féminin, le rose et les petites fleurs ayant eu raison de mon imagination non conforme…

2.  Chiffre aimablement fourni par l’Institut Pifométrique Français. Mais les fois où il me prend de compter (généralement à la 42e lecture quand je passe en pilote automatique), c’est le pourcentage sur lequel je tombe.

3.  Même sous la torture, je n’avouerai jamais le temps qu’il a fallu pour que cette remotivation devienne effective.

En passant dans le train

Comme beaucoup de géniteurs en ces périodes de Toussaint, j’ai ourdi de sombres plans afin de m’assurer des vacances parentales. Puisque l’abandon en pleine forêt est passé de mode, me voici dans le train avec ma progéniture. Jusque là, vous remarquerez l’absence totale de lien avec le sujet de ce blog qui n’a pas vocation à héberger les évènements de ma vie trépidante.

Il se trouve qu’à côté de moi, un grand-père et ses deux petits-enfants (de jeunes adolescents) parlent de jeux de foot en général et des sorties annuelles des FIFA en particulier. Loin d’essayer de soutirer quoi que ce soit à leur grand-père, les deux jeunes garçons de préciser que l’ancienne version qu’ils en ont leur suffit amplement. Le papi, visiblement à la page, acquiesce : « De toute façon ça ne change presque rien d’une année sur l’autre, juste quelques nouveaux joueurs et autres petits changements. »

Et là, un des ados de préciser: « Quand même, cette année, ils ont ajouté les équipes féminines. » (Ce sera d’ailleurs la seule nouveauté citée.) Le grand-père : « Ben on s’en fiche un peu, non ? Ce n’est pas comme si vous les connaissiez ! » Ado: « Ah ben non, quand même, j’aime bien, elles sont fortes ! Moi j’ai regardé, et… » Sur ce s’engage une discussion entre les trois concernant les différentes équipes nationales et les joueuses, leurs tactiques respectives, etc. Que même le grand-père connaissait, finalement.

Certes, un conversation entendue au hasard dans le train entre deux « Mamaaaaaan » n’a rien de statistiquement représentative. N’empêche, ça fait plaisir de voir que le foot ne se conjugue pas qu’au masculin et ce en dehors de tout militantisme.

Super rentrée

Tapissant les murs du métro parisien, une jeune super héroïne vole vers une rentrée à bas prix. C’est en tout cas ce que nous vente cette publicité d’Office Dépôt.

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Si on en voit de plus en plus souvent (des héroïnes à cape), cela reste une thématique très masculine, surtout quand il s’agit d’enfants. Encore plus remarquable, ici point de rose fushia, de jupe à froufrous ni d’arc-en-ciel pailleté. Si on identifie une fille, c’est simplement grâce à sa coupe de cheveux, voire très accessoirement aux motifs de ses chaussures.

Hommes en talons hauts

Yanis Marshal, danseur et chorégraphe professionnel, aime à pratiquer en talons hauts. Il propose même des cours de danse sur talons pour hommes et femmes. Ici, avec Arnaud Boursain et Mehdi Mamine :

Ce qui attire plus particulièrement mon attention, c’est que les talons sont utilisés purement comme un accessoire : il ne s’agit pas de travestissement comme c’était le cas pour Ladybeard. Merci à l’internaute qui nous a signalé cette performance !

Allez, une autre pour la route :