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Une Surfeuse chez Playmobil®

À la recherche de cadeaux de Noël pour les enfants, j’arpentais les rayons des magasins de jouets…

Quelle joie de découvrir entre les jouets trop souvent genrés une surfeuse Playmobil® !

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Une fille / Une femme qui surfe ! Une sportive de haut niveau dans un sport où les femmes subissent trop souvent le sexisme. Clichés 0 / à contre-genre 1

Elle a les cheveux noirs et des yeux marrons ! Ce n’est pas une blonde aux yeux bleus ! Clichés 0 / à contre-genre 2

Elle a un maillot de bain décolleté, certes, mais qui lui arrive au-dessus du genou, sans fioritures ni motifs. Clichés 1 / à contre-genre 4

Elle n’a pas un tout mini maillot de bain 2 pièces ! Ok, elle n’est pas en combinaison, mais son maillot de bain n’est pas sexualisé. Clichés 1 / à contre-genre 5

Ce n’est certainement pas une surfeuse bretonne (belle région, mais où une super frileuse comme moi préfère aller dans l’eau en combinaison, je plaide coupable). Ce personnage surfe certainement sur une mer chaude, voilà l’explication.

Nous sommes loin des clichés et ça fait du bien.

Comme vous le voyez ci-dessus, la version masculine est toutefois un peu plus habillée et bronzée.

Et, vous avez remarqué, vous aussi ?

Les couleurs !!! Oui, les couleurs !!!

Elle est habillée en rouge et jaune, couleurs qu’elle partage d’ailleurs avec le surfeur masculin de la marque. Clichés 1 / à contre-genre 6

Le garçon / L’homme a sa planche de surf coordonnée à sa tenue avec des flammes en motif. Un vrai fashion victime !

La fille / Femme, quant à elle, possède une planche neutre blanche, rouge et grise, avec de simples lignes en guise de graphisme. Elle n’est pas vraiment coordonnée à sa tenue et surtout la planche de surf n’est pas du tout genrée. Clichés 1 / à contre-genre 7

Lui, surfe seul, alors que la femme est accompagnée d’un dauphin. Pourquoi ? Je n’en ai aucune idée. Si tu veux un dauphin avec ton surfeur masculin, tu dois acheter la surfeuse. 😀

Sur la boîte, elle prend une grosse vague sur l’océan. Lui… pas vraiment. Cela nous donne même l’impression qu’il est au bord de l’eau presque sur la plage. Clichés 1 / à contre-genre 8

Je reste ravie de cette découverte.

D’autant plus que même si Playmobil® continue à réaliser des jouets genrés, pire, des boites genrées, ils vont ici dans le bon sens. Ils nous rappellent pourquoi nous avons tant aimé cette marque toute notre enfance… et même après. Ce sont les Playmobils® qui permettent à chaque enfant indépendamment de leur sexe de se projeter, de laisser libre cours à son imagination, en construisant un monde où tout est possible, dans lequel il/elle peut accomplir ses rêves, quels qu’ils soient.

Alors, encourageons les bonnes initiatives.

Playmobil® continuez comme ça !

N.B. : pour information, ils avaient déjà réalisé les figurines suivantes :

  • une surfeuse non genrée en combishort noir avec sa planche de surf bleue et verte.
  • une surfeuse des neiges non genrée, habillée en jaune, vert et violet, sur un snowboard noir, vert, jaune et violet.

Crédit photos : Playmobil®

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Joue-la comme Beckham

Au milieu de la déferlante de sexisme qui s’abat sur nous du fait du manque d’imagination sociologique de beaucoup de médias qui traitent l’Euro, voici une vision footballistique qui m’a comblée d’aise : le panneau de l’opération « Jouer l’été »1 chez la Grande Récré.

Sur ce panneau planté à l’entrée du magasin, malgré les rayons séparés par genre qui me font grincer des dents à chaque fois, on trouve non seulement une fille et un garçon sur le terrain mais aussi une majorité de femmes parmi les spectatrices ! Pour les férus d’exactitude statistique, le ration est de 7 pour 32.

C’est d’autant plus marquant que la fille, en pleine action, est totalement concentrée sur le ballon. À l’inverse, le garçon semble plus intéressé par le sourire qu’il adresse aux tribunes que par le jeu.

D’ailleurs, alors que je furetais sur le site de la Grande Récré pour trouver une image de meilleur qualité que ma photo (sans succès), je suis tombée sur d’autres contenus sympathiques3 :

  • un dossier Lego où l’on ne parle que d’enfants et où les gammes Lego Friends et Lego City sont listés ensemble comme convenant à ceux qui « raffole[nt] des thématiques animalières et des histoires de police »4 ;

La Grande Récré - Dossier Lego

  • un dossier sur les jeux de bagarres qui pose un contexte positif dès le début : « Les enfants adorent se chamailler et s’affronter avec les frères et sœurs, papa et maman ou les copains. » Là encore, le mot enfant est utilisé systématiquement et les photos comptent même plus de femmes/filles que d’hommes/garçons5 ;

La Grande Récré - Dossier Jeux de bagarres

  • un dossier sur les super-héros où, même si les exemples de personnages sont tous masculins, on apprend que « dans la vie de tous les jours, les super héros sont des hommes et des femmes comme les autres. » Avec encore une fois, le terme enfant systématiquement utilisé et une fille en chapeau d’article.

La Grande Récré - Dossier Supers-héros

J’attends avec impatience les dossiers de ce genre sur des thématiques de jeux associés classiquement aux filles. Comme quoi, on peut aller dans le bon sens6 sans pour autant être irréprochable.


Notes :
1. N’allez pas me demander de quoi il s’agit. Ce n’est de toute façon pas le sujet de l’article.
2. Pour ceux qui ne connaissent pas les classiques de chez Pixar, le poisson est une femelle. Et si d’habitude les animaux sans genre visible se retrouve mâle par défaut dans les faits, il y a fort à parier que les enfants reconnaîtront Dory.
3. Toutes les photos qui suivent sont tirées de leur site.
4. C’est d’autant plus dommage que dans la rubrique Lego du site, le critère de recherche « Genre » utilise une segmentation on ne peut plus sexiste… mais n’est pas obligatoire (voyons le bon côté des choses).
5. 7 femelles pour 3 mâles et 2 indéterminés, les armures médiévales n’aidant pas à la reconnaissance genrée.
6. Je vous parlerai à l’occasion de leur gamme de jouets « Tim et Lou » qui vaut un article à elle toute seule.

Super rentrée

Tapissant les murs du métro parisien, une jeune super héroïne vole vers une rentrée à bas prix. C’est en tout cas ce que nous vente cette publicité d’Office Dépôt.

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Si on en voit de plus en plus souvent (des héroïnes à cape), cela reste une thématique très masculine, surtout quand il s’agit d’enfants. Encore plus remarquable, ici point de rose fushia, de jupe à froufrous ni d’arc-en-ciel pailleté. Si on identifie une fille, c’est simplement grâce à sa coupe de cheveux, voire très accessoirement aux motifs de ses chaussures.

Humour de singe lunaire

Lunarbaboon est l’auteur d’un blog bd éponyme (en anglais, mes excuses à ceux qui ne lisent pas cette langue) dans lequel l’auteur raconte des tranches de vie quotidienne sur un ton humoristique très aigre-doux. Sa famille en est souvent le sujet, sans que cela soit toutefois systématique.

Pourquoi à contre-genre ? C’est un homme qui se présente en tant que père et mari (bon, aussi comme le fruit de l’amour d’une femme et d’un singe de l’espace, mais ça ne se voit que dans l’à propos de son blog) et qui se met en scène dans la vie quotidienne de ses enfants. On le voit à l’école de son aîné, suivre la grossesse de son deuxième enfant, veiller avec sa fille dans les bras, etc. Or cela est montré comme étant à la fois normal, gratifiant… et pénible, parce que c’est pénible pour tous les parents (que ce soit pour lui ou pour son épouse). Je trouve d’ailleurs qu’il dépeint avec grande justesse ce mélange de tendresse et d’exaspération, de bonheur et d’épuisement qui est le quotidien des inconscients ayant choisi de se reproduire. Il est de plus clairement sensible aux questions de genre, comme on peut le découvrir sur certaines de ses planches.

Pour les ceux qui ne parlent pas anglais, la traduction de la planche ci-dessus :

  • Case 1 :
    • Oooh ! Garçon ou fille ?
  • Case 2 :
    • Fille.
    • *Smack**smack*. Une vraie petite princesse !
  • Case 3 :
    • Je parie qu’un jour elle va rendre fous les garçons !
  • Case 4 :
    • Mmmmh, j’espère aussi.
  • Case 5 :
    • 500$ ! C’est fou !
    • Vous voulez que je vous le répare ou pas ?
  • Case 6 :
    • *Soupir* Oui, s’il vous plaît.

Comme quoi, on peut être très drôle en détournant les stéréotypes sexistes, plutôt qu’en les ressassant encore et toujours. Ça demande juste plus d’efforts et d’imagination. Quelques planches de plus pour la route (cliquez dessus pour les voir en plus grand, les liens sont dans la légende) :

Pour les anglophobes, on y voit des parents pareillement enclins à céder à la facilité de la junk food, un père inquiet des stéréotypes qui ne manqueront pas d’assaillir sa fille dès la naissance, cette même fille inventer le voyage temporel pour expliquer de façon musclée à son père qu’elle ne partage pas sa vision de la fratrie, et enfin Lunarbaboon invoquer un golem pour défendre son fils qui préfère tresser des colliers de fleurs plutôt que jouer au foot.

Si j’aime tout particulièrement ce blog, c’est que non seulement j’adore ce genre d’humour, mais qu’en plus, pour une fois, je n’ai pas à mettre en sourdine mon module d’analyse féministe pour en profiter. J’avoue toutefois ne l’avoir découvert qu’il y a quelques mois et n’avoir pas lu toutes les archives : je ne garantis donc pas l’intégralité de sa production.